Protéger plans, croquis et rendus de projets
Une preuve d'antériorité datée pour chaque étape de votre conception — du premier croquis au rendu final, pour 2 €.
Situation type
Vous présentez votre projet de rénovation complète à un client : moodboard, planches d'inspiration, plans 2D, rendus 3D, sélection des matériaux, plan d'éclairage. Le client trouve le devis trop élevé. Quelques mois plus tard, vous passez devant le local en travaux — et vous reconnaissez votre projet, réalisé par un autre prestataire ou par le client lui-même, avec votre parti pris, vos choix de matériaux, votre agencement.
Ou : vous êtes architecte, vous remettez une étude de faisabilité à un maître d'ouvrage. Le contrat de maîtrise d'œuvre ne se conclut pas. Plus tard, vous découvrez qu'un confrère a été retenu et que votre parti pris architectural a été repris quasi à l'identique.
Ces situations sont fréquentes — bien plus que ce que la profession reconnaît publiquement. Le problème n'est généralement pas l'absence de droit, c'est l'absence de preuve datée de votre travail à un moment précis.
Le risque réel
En France, le Code de la propriété intellectuelle protège explicitement les œuvres d'architecture ainsi que les plans et croquis qui s'y rattachent (Art. L.112-2, 7° et 12°). L'architecte d'intérieur, lui, bénéficie de la même protection du droit d'auteur dès lors que son travail présente une originalité.
Mais la protection ne s'active qu'avec une preuve : sans date opposable, vous ne pouvez démontrer ni que votre travail existait à telle date, ni qu'il était bien le vôtre. Les contentieux qui en découlent sont nombreux : appels d'offres dont les éléments fuitent vers un concurrent, projets remis et non payés mais réalisés quand même, parti pris architectural repris dans un projet ultérieur.
La décision du Tribunal judiciaire de Marseille du 20 mars 2025 (affaire AZ Factory, RG 23/00046) a reconnu pour la première fois en Europe la valeur probante d'un horodatage blockchain. La décision concernait des croquis de mode, mais le principe juridique vaut pour tout document numérique — y compris des plans, des rendus et des planches.
Ce qu'on peut ancrer
Pour un projet d'architecture, ce qui compte va bien au-delà du rendu final présenté au client :
- Croquis et carnets d'esquisses (scans ou photos)
- Planches d'inspiration, moodboards, références
- Plans 2D — exports PDF figés depuis AutoCAD, ArchiCAD, Revit
- Modélisations 3D — exports PDF, captures SketchUp, Revit, Blender, Rhino
- Rendus photoréalistes (V-Ray, Lumion, Twinmotion)
- Carnets de détails techniques (coupes, sections, élévations)
- Sélections matériaux et finitions (fiches techniques, photos d'échantillons)
- Plan d'éclairage, calepinage, plans mobilier
- Notes de concept, parti pris écrit, mémoires architecturaux
- Devis estimatifs et notes de chiffrage
- Correspondances avec le client (emails exportés en PDF)
Pourquoi le bundle change tout
C'est sans doute pour ce métier que le bundle prend tout son sens. Le réflexe naturel, en fin de projet, c'est de ne garder que les rendus présentables — ceux qui iront dans le portfolio. Le moodboard initial, les premiers croquis, les versions intermédiaires des plans, les itérations rejetées : tout cela est souvent jeté ou archivé sans intention de preuve.
C'est précisément l'inverse qu'il faut faire si on veut se constituer une preuve qui pèse en cas de litige. Un ancrage du seul rendu final montre que vous déteniez ce fichier à une date. Un bundle qui contient la chronologie complète — moodboard, premiers croquis, trois versions de plans, rendu final, sélection de matériaux, devis — montre la trajectoire de conception, c'est-à-dire le faisceau d'indices qui, en plus de la date, soutient votre qualité d'auteur.
Pour 2 € — le prix d'un seul ancrage — vous pouvez réunir jusqu'à 50 Mo de fichiers dans un même bundle. Un projet d'architecture complet, en exports PDF figés, tient largement dans cette enveloppe.
Cas concret
Le contentieux le plus fréquent dans la profession n'est pas le plagiat entre confrères, c'est le client qui ne paie pas et réalise le projet quand même. Un architecte d'intérieur réalise une étude complète (planches, plans, rendus, sélection matériaux), remet le dossier, le client trouve le tarif trop élevé, et finit par exécuter le projet lui-même ou via un prestataire moins cher — en réutilisant les choix de conception.
Sans preuve datée, l'architecte n'a que ses fichiers de travail sur son disque dur. Avec un bundle ETcH ancré au moment de la remise du dossier, il dispose d'une preuve indiscutable : à cette date précise, ces fichiers étaient en sa possession sous cette forme.
À partir de là, plusieurs voies de recours existent — la plupart sans avocat et sans procès — pour faire cesser la reprise ou obtenir réparation : mise en demeure, signalement plateforme, et si nécessaire, action judiciaire. Toutes ont un préalable commun : pouvoir prouver l'antériorité. Le bundle ETcH remplit ce préalable.
La jurisprudence européenne pertinente est la décision AZ Factory du Tribunal judiciaire de Marseille (20 mars 2025, RG 23/00046) : le tribunal a reconnu la valeur probante d'horodatages blockchain pour démontrer l'antériorité de créations originales. Le principe est transposable aux plans, rendus et croquis architecturaux.
Mode opératoire
Finalisez vos livrables dans la version que vous voulez protéger. Exportez en PDF figé — les fichiers natifs (DWG, SKP, RVT) modifient leurs métadonnées à l'ouverture, ce qui invalide la preuve.
Rassemblez les fichiers du projet que vous jugez utiles à la preuve : croquis, plans intermédiaires, rendus, sélection matériaux, devis, correspondances pertinentes.
Déposez-les sur etchproof.eu Le calcul des empreintes se fait dans votre navigateur — aucun fichier ne quitte votre machine.
Conservez le ZIP de preuve délivré après ancrage. Il contient le certificat PDF, le manifeste, la transaction Ethereum et vos fichiers originaux. C'est lui qui sert en cas de litige — gardez-en au moins deux copies, dans deux emplacements différents.
Limites honnêtes
L'horodatage ETcH prouve l'antériorité, pas la qualité d'auteur. Pour étayer la qualité d'auteur en cas de contentieux, il faut souvent ajouter d'autres éléments : témoignages, correspondances, preuves de conception itérative — d'où l'intérêt du bundle.
L'horodatage ne remplace pas un éventuel constat de commissaire de justice si le litige va jusqu'au tribunal. Mais ce constat peut intervenir des mois ou des années après l'ancrage : dans l'affaire AZ Factory, le constat est survenu plus de quatorze mois après les ancrages initiaux. Vous payez 2 € maintenant — et seulement le coût du constat (généralement entre 150 et 500 €) si un litige se présente.