Recours

Mise en demeure

Faire cesser une copie ou un usage non autorisé par courrier officiel — sans avocat obligatoire, souvent efficace, peu coûteux.

Quand utiliser ce recours

La mise en demeure est le recours de référence dès lors que vous connaissez l'identité du contrefacteur et que vous pouvez le contacter directement. Elle précède et prépare toute action en justice, mais dans la grande majorité des cas, elle suffit à régler le litige à l'amiable.

Utilisez une mise en demeure quand :

  • Vous avez identifié précisément l'auteur de la copie ou de l'usage non autorisé (nom, contact, entreprise)
  • La contrefaçon est documentée (captures d'écran datées, preuves d'existence avant la copie)
  • Vous pouvez démontrer que la création est la vôtre à une date antérieure à celle de la copie
  • Vous souhaitez laisser une chance de règlement amiable avant toute procédure judiciaire
  • L'enjeu est important (usage commercial, atteinte significative à votre activité)

La mise en demeure fonctionne d'autant mieux que votre dossier de preuve est solide. Une mise en demeure sans preuve d'antériorité opposable reste un courrier — une mise en demeure adossée à une preuve blockchain vérifiable est un acte juridique qui impressionne.

Comment procéder

La mise en demeure suit un formalisme simple mais rigoureux. Chaque étape renforce la suivante.

1

Constituez votre dossier de preuve avant tout envoi. Rassemblez vos éléments : preuve d'antériorité ETcH (ZIP + lien Etherscan), captures d'écran datées de la contrefaçon, URL précises, dates de première publication observée, et si possible une ou deux pièces supplémentaires (emails de livraison à un client, post publié avant la copie, etc.).

2

Rédigez la lettre avec les mentions obligatoires : identification complète des deux parties, description précise de vos droits (art. L.111-1 CPI : le droit d'auteur naît de la création, sans formalité), description précise des actes de contrefaçon constatés (art. L.335-3 CPI), référence à votre preuve d'antériorité (hash, date, lien Etherscan), demande de cessation immédiate et de retrait des contenus, délai accordé pour se conformer (8 à 15 jours en pratique — la jurisprudence exige un délai « raisonnable »), mention de la saisine du tribunal en cas de non-réponse.

3

Envoyez en LRAR (lettre recommandée avec accusé de réception — tarif La Poste 2026 : environ 5,50 à 7,50 € selon le poids). Alternative : la lettre recommandée électronique (LRE) certifiée eIDAS a la même valeur juridique et coûte 3 à 5 €. L'email simple peut servir de preuve complémentaire selon la jurisprudence, mais n'a pas la valeur probante d'une LRAR pour le point de départ des effets juridiques.

4

Conservez impérativement l'accusé de réception signé par le destinataire (ou le retour de signature pour la LRE). C'est cette pièce qui prouve la date de réception et déclenche les effets juridiques.

5

Attendez le délai imparti. Si le destinataire répond et s'exécute (retrait, indemnisation, accord de licence) : litige réglé. Si le destinataire conteste : négocier ou préparer la suite. Si pas de réponse dans le délai : vous pouvez escalader vers une plainte ou une action en justice.

6

En cas de non-exécution : la mise en demeure devient pièce maîtresse de votre dossier juridique. Elle prouve que vous avez tenté le règlement amiable, ce que le juge prendra en compte. Notez que pour les litiges < 5 000 €, l'article 750-1 du Code de procédure civile (décret n° 2023-357 du 11 mai 2023) impose une tentative préalable de résolution amiable formalisée (conciliation, médiation ou procédure participative) — la mise en demeure seule ne remplit pas toujours cette condition.

Coût et délai attendus

Coût

0 à 500 €

Délai moyen

Quelques jours à 3 semaines

Taux d'aboutissement

Élevé quand la preuve est solide

Avocat nécessaire

Non

La mise en demeure est le recours intermédiaire par excellence : plus officielle et contraignante que le takedown plateforme, moins coûteuse et plus rapide qu'une procédure judiciaire.

Quelle preuve fournir

La mise en demeure est aussi forte que la preuve qu'elle porte.

En matière de droit d'auteur, la protection naît de la création (art. L.111-1 CPI) — vous n'avez pas besoin d'un dépôt préalable. Mais vous devez être en mesure de prouver :

  1. Que vous êtes l'auteurce que le bundle ETcH permet en documentant la trajectoire créative
  2. Que votre œuvre existait avant la copiece que l'ancrage blockchain prouve avec une date opposable et vérifiable

C'est exactement ce que vous joignez à votre mise en demeure :

  • Le ZIP de preuve ETcH (ou son hash de session et le lien Etherscan correspondant)
  • Le manifeste de preuve qui liste les fichiers hachés et leurs empreintes individuelles
  • Une phrase explicative : « Cette création a été ancrée sur la blockchain Ethereum le [date], transaction [hash]. Vérification autonome possible sur etherscan.io/tx/[hash], sans dépendre d'aucun service tiers. »
La plateforme — ou son service de modération — peut vérifier l'ancrage en quelques secondes, sans dépendre d'ETcH ni d'aucune autorité. C'est ce qui rend la preuve incontestable.

Éléments à inclure dans la demande

Une mise en demeure en matière de propriété intellectuelle doit contenir :

  • Vos coordonnées complètes (nom, adresse, email, téléphone)
  • Les coordonnées du destinataire (nom complet ou dénomination sociale, adresse)
  • La description de votre création et de vos droits (art. L.111-1 CPI pour le droit d'auteur, en précisant la nature de l'œuvre et sa date de création)
  • La description précise des actes de contrefaçon constatés : URL exacte, capture d'écran datée, date de première observation, description de la ressemblance
  • Votre preuve d'antériorité : ZIP ETcH, hash de transaction, lien Etherscan
  • La demande explicite : cessation immédiate + retrait de tous les contenus litigieux + si applicable : indemnisation chiffrée du préjudice
  • Le délai accordé pour se conformer (8 à 15 jours — préciser une date calendaire)
  • La mention des suites en cas de non-réponse : saisine de la juridiction compétente et/ou dépôt de plainte pénale (la contrefaçon est un délit pénal selon l'art. L.335-2 CPI, puni de 3 ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende)
  • La formule de réserve habituelle : « Ce courrier vaut mise en demeure de nature à faire courir tous délais, intérêts, actions judiciaires propres à préserver mes droits. »

Soyez factuel et précis. Évitez les formulations émotionnelles ou accusatoires — la lettre doit construire un dossier, pas exprimer une indignation.

Pour aller plus loin

Quelques ressources pour rédiger ou faire rédiger votre mise en demeure :

LégifranceArticles 1344 à 1345-3 du Code civil et L.111-1, L.122-4, L.335-2, L.335-3 du Code de la propriété intellectuelle
INPIInstitut national de la propriété industrielle, ressources sur les droits et les recours
CNBConseil national des barreaux, annuaire des avocats spécialisés en propriété intellectuelle
Service-public.frGuides pratiques sur les démarches amiables

Un avocat spécialisé en propriété intellectuelle peut rédiger la lettre à votre place : une mise en demeure sur papier à en-tête d'un cabinet a souvent plus d'impact qu'un courrier personnel. Les honoraires varient selon les cabinets ; demandez un devis avant tout engagement.


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